La parole de notre nouveau président
Madame la Présidente, Mesdames Messieurs les Membres du Comité, Mesdames Messieurs, bonsoir.
Je souhaiterais vous remercier chaleureusement pour l’honneur que vous venez de me faire, en me choisissant comme votre nouveau Président.
Mon
épouse
et
moi,
sommes
en
effet,
les
parents
de
Guillaume,
un
jeune
homme
âgé
aujourd’hui
de
19
ans.
Comme
vous
venez
de
l’entendre,
notre
fils
unique souffre d’autisme sévère avec retard mental. Dans nos pensées nous le surnommons « Notre Prince Egaré ».
Rassurez-vous,
mon
but
ce
soir
ne
sera
pas
de
vous
raconter
en
détail
l’histoire
chaotique,
que
dis-je,
dramatique,
de
notre
fils
et
notre
acharnement
pour
l’aider, le combat de notre vie, en somme.
En
posant
ma
candidature
pour
cette
éminente
fonction,
j’ai
souhaité
avant
tout,
vous
témoigner
ma
profonde
volonté
de
défendre
la
cause
de
TOUS
les
enfants autistes, de manière égale. Ce sera ma ligne de conduite permanente, je m’y engage.
Le
fait
que
vous
ayez
choisi
pour
mission
première
de
«
Parler
d’autisme
»,
m’a
immédiatement
convaincu
de
vous
rejoindre.
Vous
avez
raison
!
Il
faut
encore
et
toujours
faire
œuvre
de
pédagogie
en
continuant
d’expliquer
au
plus
grand
nombre
ce
qu’est
exactement
l’autisme,
dans
toute
son
immense
complexité.
En
effet,
comment
aider
efficacement
les
enfants
autistes,
ou
même
simplement
les
croiser
dans
la
rue,
si
on
ignore
tout
de
la
nature
du
mal
dont
ils
souffrent.
Des
notions
aussi
basiques
à
nos
yeux,
mais
que
la
plupart
ignorent.
Ceci
donne
souvent
libre
cours
aux
idées
préconçues,
aux
jugements
erronés
et
donc
à
l’incompréhension,
ce
qui
conduit
trop
souvent
au
rejet
de
nos
enfants
par
la
société,
à
leur
exclusion,
à
leur
égarement
pour
toujours
…Malheureusement,
nous
entendons
encore
beaucoup
de
contrevérités,
d’idées
préconçues
dues
à
la
méconnaissance,
à
l’ignorance….
ou
pire,
aux
certitudes profondément ancrées.
Ainsi,
pour
simple
exemple,
avez-vous
déjà
rencontré
ces
personnes
qui
vous
certifieront
que
l’autisme
ne
relève
que
de
la
seule
psychiatrie
alors
qu’il
n’en est rien ?
Il
y
en
aussi
qui
vous
parleront
de
thérapie
à
prodiguer
à
la
maman,
qui
tenteront
même
de
la
culpabiliser.
Enfin,
on
peut
croiser
également
des
apprentis
sorciers avec leurs méthodes farfelues. La liste pourrait être longue... Mais tout ceci joue toujours au détriment de nos enfants.
L’autisme
dans
tout
ce
qu’il
revêt
de
complexe
et
d’encore
mystérieux
à
l’heure
actuelle,
nous
impose
d’abord
et
surtout,
l’humilité
et
la
remise
en
question permanente.
Tout
ce
que
je
viens
de
vous
dire,
démontre
clairement
que
le
rôle
pédagogique
de
notre
association
est
MAJEUR,
vous
avez
pleinement
raison
et
j’aimerais vous féliciter pour le travail que vous avez accompli jusqu’à présent, ne serait-ce qu’à l’occasion de vos remarquables conférences !!
Nous continuerons donc de nous efforcer à rétablir les vérités afin d’aider efficacement nos enfants en informant le plus de personnes possibles.
«
Parler
de
l’autisme
»,
c’est
aussi
parler
des
parents
des
enfants
autistes.
Oh
vous
savez,
les
parents
d’enfants
autistes
ne
demandent
pas
qu’on
les
plaigne ou qu’on les admire.
Ce
que
les
parents
demandent,
c’est
qu’on
les
considère
enfin,
qu’on
les
écoute,
qu’on
leur
donne
leur
place
autour
de
la
table,
d’égal
à
égal,
qu’on
arrête de les disqualifier systématiquement.
Mon
épouse
et
moi,
ne
sommes
pas
des
professionnels
de
l’autisme,
mais
nous
nous
considérons
comme
des
professionnels
de
l’autisme
de
notre
fils,
grâce à notre histoire et notre présence permanente à ses côtés depuis sa naissance.
Pour
arriver
à
ce
stade
de
connaissance,
en
partant
de
rien,
nous
avons
dû
apprendre
TOUT
par
nous-même.
Si
du
moins,
quelqu’un
avait
pu
nous
expliquer, nous guider dès le début … !
Outre un diagnostic beaucoup trop tardif, ceci a fait perdre un temps précieux à notre fils, un retard quasi impossible à rattraper, aujourd’hui…
Les
parents
espèrent
qu’on
les
supporte
en
leurs
permettant
de
souffler,
qu’on
les
guide
aussi
dans
la
mise
œuvre
de
bonnes
pratiques
à
domicile
et
dans
la
vie
au
quotidien,
enfin
qu’on
les
aide
administrativement,
mais
combien
osent
le
demander,
reclus
dans
leur
chagrin,
leur
isolement,
leur
abandon… leur sentiment de culpabilité ou simplement parce qu’ils sont complètement débordés par les troubles envahissants de leur enfant.
Combien de fois n’ai-je pas dit que pour tenir le coup, nous étions souvent obligés « d’habiter chez notre fils »
L’autisme n’atteint pas que l’enfant, il déteint sur la vie de toute la famille en l’obligeant souvent à vivre en marge de toute existence normale.
Je
voudrais
avoir,
si
vous
permettez,
une
pensée
pour
toutes
ces
mamans
qui
se
retrouvent
seules
avec
leurs
enfants
autistes
car
malheureusement,
la
survenance d’un tel événement provoque trop souvent la séparation du couple. Les mamans sont des femmes fières qui peinent à demander de l’aide.
En
face
de
nous,
nous
rencontrons
souvent
des
personnes
de
bonne
volonté,
un
voisin,
un
ami,
…,
qui
aimeraient
nous
aider,
mais
qui
ne
savent
que
faire car personne ne leur a expliqué. Qui d’autre qu’une association comme la nôtre est en mesure de le faire, de les informer clairement ?
«
Parler
de
l’autisme
»,
c’est
aussi
parler
de
la
prise
en
charge
des
enfants
autistes,
tant
matérielle,
pédagogique
qu’administrative.
Les
parents
ignorent
souvent beaucoup de choses des aides auxquelles ils peuvent prétendre. Nous continuerons à les aider dans ce dédale, en les conseillant.
En
termes
de
prise
en
charge,
beaucoup
de
choses
ont
été
faites,
mais
il
reste
tellement
de
chemin
à
parcourir.
Malgré
les
efforts
de
bon
nombre,
les
contingences
financières
menant
au
manque
de
places
d’accueil
ou
de
prises
en
charge,
nous
maintiennent
dans
le
retard
par
rapport
à
d’autres
Cantons.
La prise en charge de nos enfants lors de leur passage à l’âge adulte reste également, un vrai sujet de préoccupation.
Que
deviendra
notre
enfant
lorsque
nous
disparaitrons
?
Cette
question
lancinante
est
une
véritable
hantise
pour
tous
les
parents
vieillissants,
une
réelle
source d’angoisse profonde qui, parce qu’elle a d’insoutenable, d’inconcevable, mène parfois à des drames …
Je
pense
que
notre
association
aura
son
rôle
à
jouer.
Vous
détenez
déjà
de
nombreuses
idées
de
projets
et
mon
rôle
sera
de
vous
supporter,
pour
que
nous puissions les mettre en œuvre, tous ensemble, un jour, le plus tôt sera le mieux, bien entendu.
Voilà
Mesdames
Messieurs,
ma
volonté
permanente
sera
de
défendre
la
cause
de
tous
les
enfants
autistes,
avec
vous,
par
mon
rôle
de
parent,
par
ma
fonction de représentation partout où je le pourrai et par mon dynamisme à vous encourager dans toutes vos initiatives.
Je
veillerai
à
ce
que
nous
puissions
être
en
contacts
avec
le
maximum
de
personnes
et
d’acteurs
de
l’autisme,
y
compris
dans
les
pays
étrangers,
afin
de
nous imbiber de leurs retours d’expérience et que nous soyons toujours informés des derniers progrès en la matière.
Je
devine
en
vous
un
groupe
soudé
de
personnes
passionnées,
foisonnant
d’idées
et
d’initiatives
en
tous
sens.
Personne
ne
doute
de
votre
motivation
et
de vos profondes compétences. Je connais déjà Ivan, son enthousiasme, que dis-je, son acharnement.
Je
me
réjouis
de
vous
connaître
tous.
J’aimerais
encore
vous
féliciter
pour
le
travail
accompli
jusqu’à
ce
jour
et
j’aimerais
remercier,
Madalina,
notre
Présidente pour son action énergique et son rôle de Fondatrice de cette belle aventure. Je tenterai d’être digne de cette difficile succession.
Grâce à mon réseau relationnel, je tâcherai de trouver de nouveaux moyens financiers, devant nous permettre de mettre en œuvre nos projets.
Je tâcherai également de vous guider, de vous coordonner, afin de garantir notre efficacité et parvenir à nos objectifs.
Enfin,
et
j’en
terminerai
ainsi,
j’aimerais
vous
rassurer.
Bien
que
certains
me
connaissent
déjà
pour
mon
côté
«
combatif
»,
je
vous
dirai
que
j’éviterai
d’entrer dans des polémiques stériles envers ceux qui ne partagent pas, j’ai envie de dire « pas encore », nos idées. Il ne sert à rien de se polariser.
Mon
rôle
sera
donc
constructif,
fédérateur,
réconciliateur
même,
recherchant
le
dialogue
permanent
avec
tous
les
acteurs,
sans
exception,
à
commencer
sur l’ensemble de notre Canton afin que tous, enfin réunis, nous fassions avancer la cause de nos enfants. C’est notre devoir !
Je vous remercie !
Bechet Jean-Pierre